Les Interviews

Rueil AC Tennis

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Jurgen Briand

Le joueur du Rueil AC Tennis s'est illustré sur les terrains

durant les dernières semaines en atteignant la finale du Future de Bratislava et en se qualifiant pour le tableau finale d'un challenger

pour la première fois de sa carrière. De retour à Rueil, il revient pour nous sur ses performances prometteuses.

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Est-ce que tu peux nous parler un peu de la manière dont tu as vécu la période Covid ?
Pour moi, ça s’est plutôt bien passé parce que j’ai eu la chance de pouvoir m’entraîner tous les
jours. Pour les tournois, c’était un peu plus compliqué parce que l’on ne savait pas forcément
quand on allait pouvoir rejouer. Il était donc compliqué de se fixer des objectifs et de les
mettre en place. Après, il y a eu une période ou la fédération a fait un super bon travail en
organisant de nombreux CNGT durant l’été pour nous permettre de gagner un peu d’argent,
parce que ce n’était pas facile pour les joueurs de tennis de haut niveau.


Durant les dernières années, on t’a plutôt vu disputer des CNGT. Pourquoi as-tu décidé
de changer de cap et te rendre à Bratislava pour jouer un Future ?

J’ai eu la volonté de rejouer à fond, d’aller au bout du projet parce que j’avais arrêté les
futures assez jeune. Ça a été compliqué avec le confinement, mais les planètes se sont
alignées. Je bénéficie désormais de l’aide d’une société qui me sponsorise (PRC capital),
ainsi que de l’aide du club qui me rémunère sur les matchs par équipe. Cela me permet
ainsi de revenir sur les Futures avec une grosse envie.


Quels étaient tes objectifs avant Bratislava ?
Je venais de faire un gros tournoi à Grenoble en atteignant les quarts et en battant le 450e
mondial. Mon objectif, c’était de passer en dessous des 1000 au classement ATP. Durant la
première semaine, j’ai gagné face au 340e mondial au premier tour du tableau, ça a été un
petit déclic dans ma tête. J’ai battu des joueurs très bien classés avant de passer tout près en
finale.


Durant cette finale, tu as fait un très gros match. Après un départ poussif, tu as réussi à
revenir et à emmener ton adversaire au tie-break du troisième. Quand on s’incline si
proche du but, est-ce que c’est la déception qui prédomine ?

Non, parce que j’étais très fier de moi. Le matin, je me suis réveillé avec un torticolis. Lors du
premier set, je suis à froid et à deux doigts d’abandonner. Finalement, je reviens bien, je mène
4-2 dans la dernière manche, avec une balle de 5-2. Mais mon adversaire n’a rien lâché, il
frappait vraiment très fort, c’était un vrai rouleau compresseur des deux côtés ! Il était tout
simplement plus fort que moi.

"Je savais que je pouvais le faire"

 


Tes bons résultats à Bratislava t’ont permis d’obtenir une Wild Card pour le Play in
Challenger de Lille. C’est une belle preuve de confiance de la part des organisateurs du
tournoi. Est-ce que tu as eu peur de les décevoir, sachant que c’était ton premier
Challenger ?

J’ai eu du stress, c’est sûr. Je me suis demandé si j’avais vraiment ma place parce que le
plateau était vraiment très relevé, mais je savais que je pouvais le faire : je sortais d’une très
grosse période où j’avais emmagasiné beaucoup de confiance. J’ai décidé de me faire plaisir
et de sortir du terrain en ayant été moi-même, et sans avoir de regret. Lors du premier match,
j’ai effectué une partie très aboutie, je ne m’attendais pas à gagner sur un score aussi large.
Ta plus grosse prestation lors de ce tournoi, c’est probablement lors du dernier tour de
qualification face au Belge Christopher Heyman…

J’ai fait un très gros premier set avant de subir la puissance de mon adversaire. J’ai finalement
réussi à m’en sortir en jouant avec mes qualités, en grappillant du terrain et en variant le jeu.
J’ai été puiser très loin dans mes réserves mentales. Même au bord du gouffre dans la dernière
manche, je n’ai jamais arrêté d’y croire. Je savais que le changement de balles pouvait m’être
bénéfique. Et c’est ce qui s’est passé : j’ai réussi à le breaker lors du changement de balles à
2-1 et à faire le trou dans le troisième. Je suis très satisfait de ce match face à un joueur très
solide


Tu t’es finalement incliné lors du premier tour du tableau final face à Tristan Lamasine,
en livrant à nouveau un vraiment combat et en ne cédant que dans la manche décisive.
Face à un adversaire très bien classé (257e mondial), on a constaté que tu avais les
épaules et que tu jouais top 300 sans problème. En quoi as-tu progressé durant les
derniers mois ?


Je pense que physiquement, j’ai vraiment passé un cap. J’ai un super préparateur physique.
On a pu travailler intensément pendant l’intersaison, en prenant cinq semaines pour faire une
vraie préparation. Et sinon, je pense que j’ai engrangé beaucoup de confiance en gagnant
beaucoup de matchs. Cela permet de se sentir invincible et d’avoir l’impression que l’on ne
peut plus perdre. Sur le plan technique, j’ai pris une décision atypique en choisissant de passer
à une main en revers. Tout le monde m’a pris pour un fou, mais je ne regrette absolument pas
cette décision. Cela m’a permis d’apporter beaucoup plus de variété à mon jeu. Mais il me
reste encore beaucoup de choses à travailler. Mon service par exemple ! Contre Lamasine, j’ai
eu un faible pourcentage de premières balles alors que lui a très bien servi durant les deux
dernières manches. Le match se joue sur ce type de détails…

"Une grande fierté"

Quel sera ton programme pour la suite de la saison ?
Pour commencer, je vais effectuer trois semaines de préparation sur terre avant de partir jouer
un Future à Angers. Et puis après, cap sur les interclubs, qui, bien que retardés, auront
finalement lieu ! J’avais très peur qu’ils soient annulés. C’est une période que j’aime
beaucoup, pendant laquelle on peut se retrouver entre joueurs du RAC et défendre les
couleurs du club. Passer à côté pendant deux années de suite, ça aurait été très dur…


Beaucoup de gens au club ont suivi tes exploits. Les adhérents ont regardé tes matchs en
live et il y a eu un vrai engouement autour de tes belles performances. J’imagine que
cela a dû te toucher !

Forcément ! J’ai reçu plein de messages des gens du club, et même de la part de certains que
je ne connaissais pas. Sentir le soutien des adhérents, ça m’a fait chaud au coeur.
J’ai compris que c’était important pour la communauté RAC Tennis : on m’a dit que c’était la
première fois qu’un joueur masculin du club participait à un challenger, et pour moi, qui suis
un enfant du club, c’est une grande fierté !

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